12Avr

Bénin-Diaspora /Art et engagement : Sanvi Panou toujours actif

L’artiste pluridisciplinaire Sanvi Panou est toujours actif et avec le même engagement. C’est du moins ce qu’il faut retenir de sa rencontre avec la presse à Cotonou le 10 avril 2019. Acteur, metteur en scène, réalisateur, producteur et distributeur, 50 ans de carrière révolus, le Franco Bénino Togolais se présente comme un panafricaniste. En tant que tel, son prochain projet de film (documentaire) porte sur Kwame Nkrumah. Sanvi Panou a aussi un regard sur le secteur culturel béninois tel qu’il va.

Avant tout propos, Sanvi Panou a tenu à rendre hommage à Marguerite Johnson décédée qui a joué le premier rôle dans sa série « Le deuxième bureau », une série qui est en diffusion actuellement sur la télévision nationale du Bénin. Il en profite pour parler de cette série qui est faite de 26 épisodes en 26 minutes chacun. Le réalisateur pense que le phénomène de deuxième bureau n’est pas propre à un pays mais qu’il a souvent des répercussions qui mettent à mal la quiétude de la famille. « Nous l’avons traité en dénonciation », précise-t-il.

Pour Sanvi Panou, l’art est un canal de sensibilisation efficace et l’engagement de l’artiste doit le guider à s’en servir. « Nous devons nous appuyer sur la puissance de l’art pour sensibiliser sur des réalités et sujets d’envergure », martèle-t-il. C’est cet esprit qui l’a poussé à monter des pièces, réaliser des films et chanter sur l’apartheid, le racisme, les droits de l’homme, la paix et bien d’autres thématiques.
Le prochain projet artistique du réalisateur est le tournage d’un film documentaire sur le panafricanisme avec pour sujet principal Kwame Nkrumah, ancien Président Ghanéen et reconnu panafricaniste visionnaire. Entre autres, Sanvi Panou, dans ce film, montrera l’ultimatum d’aller vers un passeport commun à l’Afrique car comme Nkrumah, il pense que « la solution n’est pas dans nos micros Etats ».

Au cours de cette rencontre avec la presse, l’artiste a également fait part de son regard sur le secteur culturel béninois. Pour lui, « le Bénin a un patrimoine énorme sur le plan culturel » même s’il regrette l’absence de valorisation de cette richesse. « Après plus de 50 ans d’indépendance, le Bénin n’a même pas un théâtre national. C’est inacceptable », s’indigne Sanvi Panou. Il affirme par la suite que les politiques ne peuvent pas ne pas accompagner les productions artistiques qui demandent beaucoup d’investissements. ¨Pour exemple, « à moins de cinq cent million, on ne peut pas prétendre faire des films compétitifs au plan africain » déclare-t-il. Il suggère que l’Etat fasse une exception pour la culture dans sa politique.

Né à Lomé le 15 juillet 1945, Sanvi Panou a été élève du cours Simon de Paris. En 1970, il est considéré comme le premier slameur africain d’Europe grâce à son album « Je suis un sauvage » enregistré avec le groupe de Free Jazz américain « L’art ensemble » de Chicago. Dès 1990, il fonde le cinéma La Clef-Images d’Ailleurs, premier espace cinématographique entièrement consacré aux films de la diversité. Plus de 20 spectacles de théâtre montés et avec une filmographie fournie, Sanvi Panou ne connaît aucune barrière dans son parcours artistique. Il continue de toucher à tous les domaines. En 2018, il revient au combat avec un nouvel album intitulé « Droit de l’homme ».

Par Eric AZANNEY

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