13Jan

Musique béninoise : Ramou, un espoir, une valeur

Elle s’ouvre comme une fleur dans le jardin musical béninois et s’impose par la qualité de son timbre vocal. Son premier album sorti en juillet 2010, a été remarqué par le jury des trophées Bénin Golden Awards 2010 et le deuxième lancé en décembre 2014 est venu confirmer que les mélomanes peuvent avoir beaucoup de la jeune chanteuse. Ramou porte en elle les éléments de la réussite. Retour sur les traces d’une artiste au talent remarquable.

Ramou 1

Prix du meilleur album de musique moderne d’inspiration traditionnelle au Bénin Golden Awards (Bga) 2010, cinq mois après son lancement, le trophée Tamani d’Or du meilleur espoir féminin de l’année 2011 au Mali,  l’album « Irè nikan » (c’est toi seul) a confirmé qu’aux « âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Quatre ans plus tard, Ramou est revenue avec « Laamu » -qui signifie « espoir » en Biali (langue de Matéri)- son deuxième album. Constitué de 10  titres faits dans de l’a capella, de la World music façonnée avec des sonorités africaines, ce deuxième album, à l’image de son nom, est tel un espoir pour la musique béninoise et africaine, par ces temps où les vents d’ailleurs déciment l’originalité chez certains artistes. Ramou a visiblement un but précis. « Je tiens à valoriser les vertus de mon continent, les richesses de mon pays. On en a suffisamment mais on n’en est pas conscient. J’exploite tout ce qui est traditionnel au Bénin : Zinli, Kaka, Akpala, Gangan houn, Tipenti, Tchingoumè…», confie-t-elle, fière et très jalouse de sa culture. Ecoutez  «Laamu » et « Irè nikan » puis vous serez convaincus des choix musicaux qui la logent nettement au diapason  des artistes de qualités vénérées. Le titre « Laamu » dont le clip-vidéo passe en boucle sur les chaines de télévisions apaise et berce par son souffle sahélien. Et le titre « Win Vivè » qui lui a valu le trophée Bga  2010, vous inonde de plaisir doublé de grâce. Musique moderne et traditionnelle fusionnent,  véhiculées par une voix salvatrice. Difficile de ne pas approuver la délibération du jury des trophées Bga de novembre 2010.

 Au contact de la musique

Naturelle peut-être, mais la voix de Ramou est le fruit d’un long travail. Elle a eu le temps de beaucoup travailler sa voix, sa technique. C’est depuis le secondaire qu’elle est mordue du micro. Mais l’aventure ne démarrera effectivement qu’après son baccalauréat. Choriste de scène, choriste de studio, avec sa voix à multiples caractéristiques (alto, soprano, ténor), Ramou servait les mélomanes depuis un bout de temps, mais de façon anonyme. Tenez ! Sa première entrée en studio s’est faite en 2007 dans le rôle de choriste sur l’album « Avi man démè » de Jonny Sourou. Sur beaucoup d’autres albums également, elle a posé sa voix. Avec son talent à peine voilé, elle s’est faite, très tôt remarquée par nombre d’artistes de renom, dont Zeynab, qui la sollicitent pour des spectacles live, comble même de son talent.  Polyglotte, la vedette l’est également. La preuve, sur ses deux  albums qui se révèlent aujourd’hui être de bons produits, l’artiste  a chanté dans plusieurs langues nationales.  A titre illustratif, on peut citer entre autres, le Yoruba, le Fon, le Biali, le Français, l’Anglais. Voilà qui renseigne sur  la dimension exceptionnelle de cette artiste dont l’avenir est prometteur.

Ramou 2

 Qui est Ramou ?

Originaire de Matéri, un village bercé par les vents du Nord, Ramounath  Sambieni a vu le jour le 04 janvier 1987 sous un ciel ensoleillé de Bohicon,  dans le Centre-Bénin où elle fit  ses études primaires. Une fois son CEP en poche, elle descend sur Cotonou où elle grandit, poursuit ses études  et vit actuellement. Aux allures simples, Ramounath semble prendre la vie du bon côté. On la voit rarement, le visage crispé. Sourire spontané, attrayant et parfois désarmant. A qui doit-elle son sourire d’enfant ? Difficile d’y répondre, jusqu’au moment où vous rencontrez Monsieur Sambieni Paka Moussa, son père. Parlant de qualité, en attendant qu’elle ne nous fasse découvrir ses défauts, Ramou fait montre d’une humilité de sage, d’une sympathie qui vous installe confortablement. « Ma fille n’est pas compliquée, elle est ouverte à tout le monde. Et l’ambiance entre elle et moi, c’est comme entre amis. Mais elle n’aime pas l’hypocrisie et le mensonge  », nous apprend son père, avec de l’assurance dans la voix et une fierté à peine dissimulée. Le ménage de l’artiste en bénéficie sans doute. Mère d’un enfant, Ramou vit en couple.

Elle a du charisme. Une fois à son contact,  elle apparaît comme une vieille connaissance  qui communique avec vous,  en toute aisance.  Elle respire la communication, en effet. Peut-être pour avoir fait des études de communication. Après son baccalauréat, Ramounath a étudié au département des Sciences du langage et de la communication à l’Université d’Abomey-Calavi, à la Faculté des Lettres, Arts et sciences Humaines (FLASH). De manière subtile,  Ramou  met sa formation au service de son art avec la conviction que musique et études peuvent se compléter. Son credo depuis toujours : « Il n’est pas question d’abandonner la musique, les études encore moins. La musique ce n’est pas seulement le son. C’est aussi l’écriture des textes ».  Il faut dire que  sur scène, elle tient en haleine et suscite l’adhésion du public. Et quand ses cordes vocales vibrent, sa voix ne demande pas si vous êtes mélomane avant de vous enivrer.

                                                            Eric AZANNEY

( Publié au journal Le Culturel Béninois)

COMMENT (2)
Christian Gandjo / janvier 14, 2016

Très joli texte mon grand. J’ai aimé. Félicitations!

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Eric AZANNEY / janvier 14, 2016

Merci de ton intérêt, Christian.

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