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La paillote de l’Institut Français de Cotonou a difficilement contenu l’affluence du vendredi 30 juin. L’artiste chanteuse béninoise Ramou est en concert. Des moments de communion avec son public où celle qu’il convient d’appeler « papillon sur scène » a séduit.

« Le meeting musical » est fini mais le public ne veut pas s’en rendre compte. Il en veut davantage. Les premiers titres sont d’amour et juste après les avoir exécutés, elle le notifie au public. « Je vous aime ! ». Sur ces notes de déclaration d’amour, Ramou embarque pour deux heures de spectacle à fleur de peau. Le répertoire de son premier album «Irè Nikan» (C’est toi seul) est revisité pour toute sa reconnaissance à Dieu, au plaisir des mélomanes qui se débarrassent maintenant de leur timidité et crispation du départ. Ils battent les mains, reprennent en chœurs et on assiste à une symbiose  d’émotion. Ramou l’avait entrevue. Au début de la soirée, elle a déclaré : « Ce soir, c’est un meeting. Pas politique, mais un meeting musical ». Et celle qui anime ledit meeting est d’un  charisme entraînant.

La présence scénique de l’artiste enchante. Ramou danse, communique avec le public, en même temps qu’elle chante. Elle bouge beaucoup, on eut dit un papillon. Son look vestimentaire léger et charmant s’y prête bien.  Tee-shirt, salopette en Bazin brodé, baskets warabi. La jeune artiste présente des allures qui rappellent une Brenda Fassie, et jusqu’à l’élaboration dans la voix. Impossible de s’ennuyer ce vendredi soir, dans cette ambiance teintée de variété.

La musique comme s’il en pleuvait…King Mensah surgit           

De la world music à partir de sonorités béninoises et africaines, des percussions, de la flûte, du piano, etc. Que ce soit avec l’orchestre, le groupe Wood sound, qui l’accompagne ce soir ou sur les notes de flûte ou de piano de Méchac Adjaho,  la texture vocale de Ramou lui permet de voguer sur bien des variétés. Le spectateur est emmené pour une balade musicale qui ne laisse nulle place à la monotonie. La qualité de polyglotte de l’artiste y contribue fortement. L’Anglais, le Français, le Yoruba, le Fon, le Mina, le Biali et autres s’alternent aussi bien que les rythmes. Elle aborde le répertoire de son deuxième album (Laamu, espoir en langue Biali) et justement le morceau Laamu fait exploser le public.

Comme si le plan était de créer une overdose d’émotion, l’artiste togolais et international King Mensah surgit sur la scène, à la surprise de tous et même de Ramou. Toute en larmes, elle l’accompagne sur un titre sans doute imprévu. C’est l’apothéose. Ça va en gradation ascendante et sur la scène et dans le public. Sur la scène, ça grimpe haut dans les octaves. Au sein du public, les émotions s’épanouissent.  Le concert prend fin sans qu’on ne s’en rende compte. 13 titres viennent d’être exécutés mais le public semble toujours demandeur. Les spectateurs sont encore là, sur place. Meeting a-t-elle dit. S’il était politique pour une élection, nul doute que la candidate passera, tant les personnes rencontrées épousent la cause. Mais c’est « un meeting musical », c’est alors sûr que Ramou sera élue dans le cœur des mélomanes d’ici et d’ailleurs.

              Par Eric AZANNEY

Ramou, Bénin

Tamani d’Or du meilleur espoir féminin de l’année 2011 au Mali

-Prix du meilleur album de musique moderne d’inspiration traditionnelle au Bénin Golden Awards (Bga) 2010

Journaliste spécialiste des questions artistiques et culturelles. Promoteur de la plateforme africaine d’informations culturelles et politiques www.awaleafriki.com

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