Le concours national d’écriture « Plumes Dorées » a 10 ans. Cet anniversaire se célèbre le samedi 30 septembre 2017, à l’occasion de la cérémonie de délibération des 9e et10eédition du concours suivie de remise de prix aux lauréats. A quelques jours de la grande date, nous rencontrons Koffi ATTEDE, directeur des Editions plurielles et dudit concours. La raison d’être, le parcours, la vision et l’organisation de cette activité littéraire vont vous impressionner.

Awaléafriki : « Plumes Dorées » a 10 ans. Parlez-nous du concept de ce concours.

Koffi ATTEDE: « Plumes Dorées » est un concours d’écriture qui vise simplement à  aider les  jeunes porteurs de projets  à sortir du tiroir leurs  manuscrits et à leur donner une sorte de plateforme d’expression de leur talents, de leurs passions. Nous constituons essentiellement  pour eux  un interlocuteur pérenne, fiable, sérieux. La preuve, depuis dix ans, nous sommes dans une forme de continuité dans le travail. Un travail qui consiste à détecter, à former, à publier et à promouvoir les jeunes auteurs dans la tranche de dix-huit (18) à trente-cinq (35) ans, dans trois genres littéraires bien définis : le roman, la nouvelle, le théâtre. On nous a souvent reproché cette limite mais nous ne pouvons faire plus que ça. Par rapport à nos moyens, nous ne pouvons aller au-delà de cette capacité pour le moment.

Donc vous avez voulu permettre aux jeunes écrivains de s’exprimer

Nous avons initié ce concours pour une raison toute simple. Il y avait beaucoup de jeunes qui avaient des manuscrits et pour qui l’écriture était un bel exutoire. Des jeunes qui écrivaient du théâtre, des romans, des nouvelles essentiellement, et qui avaient du mal à avoir des éditeurs, des interlocuteurs dans la chaine éditorial. Il était urgent – et je faisais partie de ces jeunes-là – de trouver une solution. La solution est devenue « Plumes Dorées », un dessein qui date de très longtemps, une initiative qu’ai portée au début avec des amis. On a eu l’idée ensemble et moi j’ai continué, les autres amis étant allés dans d’autres secteurs. C’est juste une réponse à un besoin pressant qui était présent, qui d’ailleurs demeure bien qu’on ait un tant soit peu pallier le problème. On a trouvé une solution et apparemment c’est la bonne puisque ça tient depuis dix ans.

Justement, en dix ans, comment s’est organisé ce concours ?

Depuis dix ans, on le fait de manière alternative. On choisit donc chaque année un genre littéraire, sur la base duquel on lance l’appel à candidatures. Cet appel accouche une première sélection de dix à vingt personnes que nous envoyons en atelier d’écriture. Selon les moyens de l’édition concernée, on fait venir des professionnels qui discutent avec eux de leurs projets, qui leur donnent les rudiments nécessaires. La nouvelle, contrairement à ce que pensent nombre de nos candidats, n’est pas un roman en plus petit. Elle a ses règles, son rythme, son feeling. Le théâtre a ses codes et le roman, ses exigences techniques. Et ces dernières, inconnues des jeunes sont juste portées à leurs connaissances. A l’issue de cette étape, ils améliorent les projets qu’ils ont soumis et nous les renvoient. Parmi ces projets, le jury sélectionne cinq dont les auteurs entrent en résidence pour quinze jours. S’en suit cette dernière phase, celle que nous vivrons le 30 septembre 2017, où l’on choisit un lauréat à l’occasion de la cérémonie de délibération et de distinctions devant un parterre de personnalités et d’invités.

Koffi ATTEDE, Photo DR

Et s’il vous était donné de présenter un bilan de ces dix années ?

Le bilan, il est de plusieurs ordres. En terme d’image, de notoriété. C’est l’un des rares concours littéraires qui se tiennent régulièrement. En dix ans, il n’y a pas une édition qui n’ait pas été faite, à part celle de 2011 qui n’a pas eu lieu mais que nous avons combinée avec celle de 2012, en déroulant toutes les étapes des deux processus parallèlement. Et nous avons rendu les prix et publié les ouvrages. C’est le même scénario cette année. L’an passé nous n’avons pas fait la remise des prix de l’édition 2016. Nous la couplons donc avec celle de 2017. On tient toujours dans le temps.

Le bilan est donc positif dans la mesure où en 10 ans, nous avons plus de 300 manuscrits reçus, 160 jeunes bénéficiaires des ateliers d’écriture, 30 reçus lors des 5 résidences d’écriture, 10 ouvrages publiés au profit de quelques 54 auteurs.

La formation est donc au cœur du projet

La formation s’est imposée comme une nécessité au fil des années. Les trois premières éditions, il n’y a eu ni ateliers, ni résidences. Ils se sont révélés à nous comme des obligations à cause de la qualité des manuscrits que nous  recevions. Dans le processus initial, juste après l’appel à candidatures, il fallait passer au travail éditorial. Il n’y avait pas cette de formation pour améliorer la qualité de ces manuscrits présentés.

Ainsi, à partir de la 4e édition en 2011, nous avons introduit un atelier d’écriture assortie d’une résidence que nous avons réussi à garder depuis sept ans. Les ateliers sont restés. Les résidences aussi. Nous en avons fait cinq au cours des sept dernières années simplement à cause des deux éditions consacrées à la nouvelle, genre qui n’a pas nécessité de résidence d’écriture.

Qu’est-il prévu le 30 septembre 2017 ?

Le 30 septembre prochain à 10 heures à la grande salle du FITHEB, nous révèlerons les 9e et 10e lauréats du concours. Dix éditions, dix lauréats et dix ouvrages. Ce sera occasion pour nous d’ailleurs, de remercier tous ces partenaires qui nous ont régulièrement soutenus notamment ceux de cette année. Je veux nommer la Coopération Suisse près le Bénin, la BOA Bénin, Helvetas Bénin, Gangan Productions, le Groupe Méga Label, la Libraire Notre Dame, Saveurs du Bénin, Artisttik Africa, Moov et l’Espace Adjadi. La présence de ces partenaires à nos côtés montre l’importance que revêt cette initiative. Et je passe par ce canal pour leur dire un sincère merci.

Et pour conclure cet entretien ?

J’invite tous les lecteurs à nous rejoindre à la salle du Fitheb ex Ciné Vog, ce 30 septembre 2017 à partir de 10 heures. Ce sera sobre, simple mais beau.

Réalisé par Carmel AHEHEHINNOU

Journaliste spécialiste des questions artistiques et culturelles. Promoteur de la plateforme africaine d’informations culturelles et politiques www.awaleafriki.com

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