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Les Journées musicales de Carthage 2018 se tiennent depuis le 29 septembre à Tunis avec la présence de 25 nationalités et un programme d’activités qui prône la diversité. Ce n’est pas anodin que la devise de la présente édition soit « De la place pour tout le monde ». Achref Chargui, le Président des JMC 2018 nous en parle.

Les JMC 2018, que peut-on en retenir de façon brève ?

Les JMC qui ont une dimension multiculturelle avec déjà comme slogan « il y a de la place pour tout le monde » entendent promouvoir la diversité culturelle. On dit souvent que les esprits se rencontrent, les rêves naissent et les promesses se concrétisent. Regardez par exemple un Monsieur comme Tarek Al Arabi Tarkan, je lui ai dit tout à l’heure, quand je l’ai rencontré : je suis un de vos fans puisque j’ai grandi avec votre musique. Mais il m’a répondu : non ! Vous êtes mon enfant. Pour lui, il n’a que des enfants un peu partout dans le monde arabe. La musique n’a ni couleur, ni religion, rien.  Ce sont des vibrations, des sensations. C’est de l’énergie qui peut entrer dans nos veines, dans notre cœur et sans permission ! C’est ça la beauté, la magie de la musique. Et notre rencontre aujourd’hui fait de la Tunisie la capitale de la culture, de l’art. Un point de rencontre internationale, avec une panoplie d’activités artistiques et culturelles, une concentration médiatique qui est extraordinaire. Aussi pouvez-vous voir, on est deux générations mais avec la musique, on a tous le même âge. On nous a souvent fait entendre concernant les activités de ce festival, « vous avez coupé avec la l’ancienne génération ou vice versa ». Ce qui maintenant n’est pas possible, la programmation et les artistes invités en disent long. D’ailleurs la musique existe pour qu’on soit tous ensemble.

« De la place pour tout le monde » c’est quand même dense comme phrase, surtout quand nous sommes en musique.

Effectivement. Il y a pratiquement plus qu’une vingtaine d’années que ça a toujours été sur un même style et du coup on a appris qu’il y a des artistes qui se sont sentis un peu marginalisés or c’est un festival international qui voudrait s’ouvrir à plusieurs cultures. Alors aujourd’hui vous pouvez remarquer l’ouverture, avec des experts venus de partout ; une présence de journalistes du monde entier ; plusieurs thématiques comme celles des Kids –pour les enfants- et on a même invité Tarek Al Arabi Tarkan, un chanteur dont nous avons tous grandi avec le répertoire musical. Il y a également des chanteurs venus d’autres horizons, avec d’autres styles comme entre autres Lucky Peterson des Etats Unis.

Pourquoi avoir choisi de mettre en exergue le Oud pendant cette édition ?

Le Oud, qui est un luth, représente toute une culture et date de plus de 3000 ans. C’est personnellement mon instrument de prédilection. C’est un des plus anciens instruments qui existent dans le monde arabe. C’est aussi un instrument qui représente l’identité nationale tunisienne avec ses approches arabo-musulmanes ou carrément orientales. Je suis aussi fan d’autres instruments qui sont typiques et sortent du oud de la Tunisie, par exemple le guembri car il y a le oud purement tunisien qui est encore plus ancien que le oud lui-même. Mais le Guembri a une culture plus berbère. C’est donc pour tout ça que nous avons pensé au premier symposium international du oud qui se tient les 4, 5 et 6 des Journées musicales de Carthage.

Réalisé par Eric AZANNEY

Crédit photo SANOU A.

Journaliste spécialiste des questions artistiques et culturelles. Promoteur de la plateforme africaine d’informations culturelles et politiques www.awaleafriki.com

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