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Jeune béninoise, belle apparence physique, travailleuse, souriante… Oui Prisca Estelle Goudou Tcheki alias Sadky, possède toutes ces qualités. D’une main de fer, Sadky a su très tôt prendre en main sa vie professionnelle car pour elle, rien ne justifie qu’une femme ne soit aussi travailleuse qu’un homme. Avec une détermination et une franchise certaine dans chacune de ses actions, Sadky a vu s’ouvrir devant elle des portes de collaborations professionnelles.

Très jeune, elle avait déjà décelé en elle des goûts assez prononcés pour la musique. De là, elle se lance dans une carrière musicale, en choisissant de faire un style que, seules quelques rares femmes au Bénin font. Le Rap.
Au départ, Sadky opte pour ce style de musique, afin de démontrer aux hommes que ce genre musical, n’est pas uniquement dédié à ces derniers. Pour elle, « c’est un défis qu’elle a su relever et désormais c’est devenu un vrai travail pour elle ».

Petit à petit…

Malgré les obstacles et les embûches, Sadky fait sortir dans les années 2011 un premier single ; « Hominssou ». Ce single connait pas mal de succès et se chante sur toutes les lèvres, étant donné la qualité de sa réalisation. Celle qui accordait déjà une attention particulière à son style vestimentaire, pour avoir fait des années de travail en tant que vendeuse dans une grande maison de mode de la place, s’est rendue compte du lien indiscutable qui existe entre la musique et la mode. Pour elle, « la musique et la mode, c’est deux activités qui se complètent…un artiste doit avoir du style ». Après cette expérience de vendeuse, Sadky ouvre quelques années plus tard sa propre boutique de vente de vêtements de friperie.

Mais ayant toujours été une assoiffée d’innovation et d’esthétique, elle décide de vendre uniquement ses propres créations dans sa boutique, alors que  jusqu’à ce moment là, la rappeuse  n’avait aucunes notion apprise en mode. Mais ceci ne la décourage guère. En 2011, notre artiste innove alors des partenariats avec d’autres stylistes et couturiers de la place. Avec ces derniers, elle fera de son rêve une réalité. Et, se sera ce coup de réussite qui l’aidera à décrocher en 2014, une bourse de formation en couture en Belgique. Elle y prendra ses premiers cours à travers des ateliers et des formations sous différents thèmes.

De retour au pays, Sadky prend goût à la chose. Ainsi, elle décide de s’inscrire officiellement dans une école de couture dans son pays le Bénin, où elle suivit rigoureusement 3 ans de formation. A la fin de sa formation, elle obtient son diplôme après une soutenance. Et beaucoup d’opportunités s’offriront à Sadky. Elle participe à beaucoup de projet de mode (défilés, festival…), à travers l’Afrique et l’Europe, en tant que costumière.

Sadky sur un défilé de mode, Photo : DR

Aujourd’hui, elle dispose d’une ONG dénommée Kérya, qui dispose d’un Centre Professionnel des Métiers d’Arts. Avec ce centre, Sadky compte partager ses connaissances avec les femmes et les filles, surtout, celles des couches défavorisées, désireuses de faire carrière dans la mode. La création de cette structure, est une manière pour l’artiste de partager non seulement son savoir-faire, mais aussi de faire du social participant ainsi à la lutte contre la pauvreté et le chômage.

Sadky et le rap

Malgré tout ce temps qu’elle consacre à la mode et à son centre, Sadky n’a pas laissé tomber une seconde sa musique. Dotée d’une énergie et d’une détermination particulière, et elle-même se définissant comme « une femme amazone, une femme très battante et une femme qui ne se décourage jamais », Sadky malgré son agenda vraiment chargé, travaille très studieusement en studio et y prépare d’ailleurs avec professionnalisme et passion son album. Mais en attendant la finition et la sortie de ce dernier, elle a déjà mis sur le marché depuis peu, un nouveau single « Papy », qui tourne en boucle sur tous les médias. Musicalement parlant, la responsable de l’Ong Kérya a beaucoup de projets pour cette nouvelle année.

Décidée, déterminée, engagée, aucune difficulté ne fait baisser les bras à Sadky. Elle ne désespère pas et garde toujours la tête haute. Digne fille du Dahomey (actuel Bénin), elle porte très bien les caractéristiques des amazones qui ont défendu avec force, courage et de leur sang, les terres dahoméennes. Elle s’illustre alors comme une amazone de la mode et de la musique béninoise.

Par Bérénice C. GAINSI

Journaliste spécialiste des questions artistiques et culturelles. Promoteur de la plateforme africaine d’informations culturelles et politiques www.awaleafriki.com

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