La journée des droits de la femme a eu sa couleur sur le Marché des Arts du spectacle d’Abidjan, ce 8 mars à travers scènes de slam, théâtre, humour et musique. Les grands moments…

Au palais de la culture dans la salle Anoumabo, la jeune slameuse congolaise Mariusca a entretenu les émotionS d’un public qui la découvre. Avec un engagement puisé à la source des anciens ayant mené le combat de l’affirmation de soi, et dans l’énergie de sa jeunesse dont la verve saisit aussitôt. Elle est ovationnée. Accompagnée d’un batteur percussionniste et d’un pianiste qui servent de chœur par moment, la slameuse parle de ses origines, ses racines, de son souhait pour l’Afrique et de sa foi au futur certain.

Du côté de Yélam’s, c’est une autre jeune bête de la scène qui tient en haleine: l’humoriste Izabella Maya. Elle entre sur scène avec la danse Ziglibithy du chanteur ivoirien Ernesto Djédjé sur le titre «Ziboté ». Adhésion du public et point positif pour cette jeune humoriste dont c’est le premier spectacle dans son pays d’origine. Izabella Maya vit en France depuis quelques années, et c’est justement le sujet de son spectacle « Origine non contrôlée » empreint d’autodérision, de fresque et d’humour. En toile de fond, la vie en France d’une sans papier qui finira par avoir un statut social. Mais le chemin est rempli d’épines avec les clichés et idées reçus qui accompagnent toute personne de peau noir en Europe et particulièrement en France. Avec de la cohérence dans le fil des idées et la présence scénique, Izabella fait toucher du doigts les corollaires d’une vie à l’étranger : le regard des gens du nouvel environnement et celui désormais de sa propre société, etc. Impossible pour le public de décrocher en 1h05 minutes de spectacle.

Izabella Maya, ©Awalé Afriki

Au Centre National des Arts et de la Culture (CNAC) de Treichville, deux dames étaient sur scène. Toutes béninoises, Florisse Adjanohoun et Nathalie Hounvo-Yèkpé dans les rôles de Mathilde et Elisabeth ont confirmé ce qu’est l’engagement d’une femme pour une cause qu’elle choisit. Si ici l’une fait l’option d’outrepasser tous principes moraux pourvu d’atteindre ses objectifs et que l’autre tienne mordicus à ses valeurs quoi que cela lui coûte, il faut remarquer ce que peut valoir la persévérance d’une femme et sa détermination à atteindre ses objectifs. La création est dénommée « 25 décembre ».

De gauche à droite, Florisse Adjanohoun et Nathalie Hounvo-Yèkpé, ©Tognidaho

Alimatou Diakité est du Burkina. Au loin, on pouvait entendre sa voix tonnée au milieu d’instruments tropicaux comme le Kora. La scène de l’esplanade lagunaire du Palais de la culture est tenue par plusieurs femmes le soir de ce 8 mars. Au nombre de celles-ci, il y a un rossignol dont la puissance des cordes vocales marinée à sa tempérance mandingue séduit et berce. Alimatou Diakité vient du pays des hommes intègre.

Alimatou Diakité, ©MASA
Maaté Kéita, © DR

Sur la même esplanade, une autre a aussi embarqué les émotions : c’est la guinéenne Maaté Kéita. Débordante d’énergie, l’engagement de cette artiste venue de la Guinée Conakry s’exprime autant dans sa posture scénique que dans les thématique qu’elle aborde. L’unité africaine lui tient à cœur.

Quant au projet Women Power regroupant 5 pays et dont la première restitution est attendue pour le 10 mars à la salle Anoumabo du Palais de la culture, les cinq dames sur scènes, surprises en résidence dans la salle à la salle Jean-Marie Adiaffi ce 8 mars, elles mettent le paquet. Il s’agit de Koudy Fagbémi du Bénin, Fofana Tyrane de la Côte d’Ivoire, Matibeye Genzy du Tchad, Moona du Sénégal et Fanie Fayar du Congo.

Journaliste - Écrivain, communicant culturel. Fondateur du Groupe AWALE AFRIKI

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