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Mis en scène par Ariax Dakpogan, assisté de Raymond Adjomaï, ce spectacle revient sur la question de la dépravation des mœurs. C’est un spectacle qui retrace les problèmes qui se vivent dans les couples où épouse et époux sont préoccupés par la vie moderne. Il a été vécu par le public de la 15è édition du Festival international itinérant du théâtre des Lycées et collèges du Bénin ( Fithelycob)  le vendredi 18 mai 2018 à l’espace Mayton de Zogbadjè.

Roger et sa femme Rose s’aiment comme de vrais amoureux. Ils sont un couple heureux dans le luxe. Très occupé par le boulot, chacun se préoccupe de son travail. Rose est une femme émancipée qui a exigé de son époux, autonomie et égalité. Le mari accepte et lui accorde la liberté revendiquée. Mais Rose en abuse et n’a plus le temps pour les travaux domestiques. Elle refuse de faire un enfant à son époux et n’a pas le temps pour la cuisine. Elle prend un domestique (un ancien combattant) qui s’occupera de tout. Elle revient à la maison tardivement et ne respecte plus son époux. Tous les conseils et les efforts de Roger pour la ramener à l’ordre ont été vains. Un jour, Roger décide de quitter la maison en laissant une lettre que lui remettra le domestique. Arrivée, Rose lit la lettre mais s’en est guère inquiétée. Elle comprend les raisons du départ de son époux de la maison comme des <<sensibleries et niaiseries>>. Elle est atteinte par l’émancipation et n’avait aucune notion de soumission à un époux. Quand Roger vivait ce calvaire dans son foyer, le domestique ne pouvait en revenir. Il se sent déçu. Il a décidé à son tour, suite à la déception totale, de déposer le tablier en abandonnant Rose.

Si Roger vit le calvaire, son ancien ami dans le rôle de <<Sounou glégbénou.>> ne laissait pas faire son épouse. Cet homme à l’opposé de Roger avait autorisé sa femme pour un boulot mais contraint sa femme à faire elle-même la cuisine. Elle ne doit pas oublier, en dépit de l’émancipation, ses tâches de femme africaine (gnon nou houé si). Malgré la soumission de son épouse, l’ami de Roger dans le rôle de chef de la famille accuse sa femme d’infidélité. Les deux femmes sur scène sont déçues et pleurent leurs déboires.

Le choc des moeurs.

A travers ce spectacle, le public gardait son souffle.  Les spectateurs sont déçus par le comportement de Rose à l’égard de son époux. C’est un spectacle qui retrace le choc des cultures. Le décor présente deux couples vivant dans le luxe. Roger a été un peu large dans son rôle d’homme, de chef du foyer, ce qui lui a chèrement coûté. Son épouse Rose a compris autrement l’émancipation et l’autonomie accordées à la femme africaine.  La vie moderne ne peut-elle plus permettre aux femmes africaines de jouer leurs rôles de femme au foyer ?  Il faut se poser cette question. En face, l’épouse de <<sounou glégbénou>> n’a pas oublié ses tâches de femme africaine au foyer malgré son émancipation.

Hervé Fadonougbo

Journaliste - Écrivain, communicant culturel. Fondateur du Groupe AWALE AFRIKI

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