Le vendredi 11 juin 2021, le centre culturel Artisttik Africa a abrité le vernissage de l’exposition intitulée « Voix des migrants béninois ».  L’objectif de ce vernissage est double. L’un est de donner la voix aux migrants béninois afin d’opérer une thérapie autour de la thématique de l’immigration au Bénin. L’autre est de lancer le livre éponyme financé et édité par Friedrich Ebert Stiftung (FES) et co-écrit par Vincent AGUE et Léonce GAMAI, deux journalistes béninois.

Témoignages vivants empreints de tristesse de drame et d’humour noir mais surtout édifiants.  C’est ce à quoi le public a eu droit le vendredi 11 juin 2021 à Artisttik Africa, lors de la causerie qui a précédé le vernissage de l’exposition dénommée « Voix des migrants béninois ».

C’est donc à travers la causerie sur le thème de la migration animée par la journaliste Rachida Houssou que les invités venus nombreux à cette exposition ont vécu les témoignages de béninois ayant fait l’expérience de l’immigration.

A côté d’elle, Vincent AGUE et deux migrants béninois dont Magareth Salako, une jeune étudiante immigrée en France et Hamed un natif de Djougou ayant migré en Libye. Rachida Houssou, a su, malgré les vives émotions des migrants, recueillir pour le public les réelles causes de leur immigration et les conséquences qui s’en sont découlées. En plus des deux migrants autour de Rachida Houssou, d’autres ont aussi partagé leurs expériences avec le public.

Hamed, ancien migrant ©DR

Des leçons de vie mémorables

L’ouvrage « Voix des migrants béninois » est fait de récits émouvants avec des portraits illustratifs à l’appui, et les témoignages des uns et des autres interpellent la conscience collective.  Pour Vincent AGUE, l’objectif du livre était de « recueillir les histoires et témoignages vécus par des migrants et d’en faire des portraits. Mais, au final, après avoir interviewé quatorze migrants béninois dont huit natifs de Djougou, nous avons tiré des leçons de vie ».

Pour ces anciens candidats à l’immigration, l’une des causes de cette décision des jeunes béninois est la recherche du mieux-être. A en croire les témoignages de Hamed, l’un des migrants, son départ de Djougou, sa ville natale pour la souffrance en Libye est dû au désespoir qu’imposait le quotidien et l’avenir, avec à la clé, aucune issue en perspective.

Tout comme Hamed, d’autres migrants ont vécu le calvaire en tentant de rejoindre l’Italie par la mer, certains au péril de leur vie.

Dans la galerie du centre Artisstik Africa, l’exposition photos qui porte le nom de l’ouvrage propose des portraits saisissants de ces hommes qui ont pris des risques et traversé des épreuves à la quête de mieux. Les œuvres portent la griffe du photographe béninois Fréjus Fiossi qui est associé au projet. Le public les découvre en vivant au même moment l’émotion que suscitent la présentation de ces hommes et de leur histoire.

©DR

Pour Hans-Joachim Preuss, représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert, la thématique de l’immigration au Bénin est d’actualité mais beaucoup ne s’intéressent pas aux conséquences fâcheuses qu’elle engendre pour les citoyens notamment les jeunes qui s’y adonnent ». Il ajoute que c’est une occasion pour attirer l’attention des autorités sur le phénomène.

Il faut rappeler que présent à l’événement, le promoteur du centre culturel Artisttik Africa, Ousmane Alédji, a félicité les journalistes qui selon lui ont fait non seulement un travail d’investigation mais aussi un travail d’intervention sociales. Il a invité à cet effet, les participants à passer de temps à autre à visiter l’exposition qui va se tenir jusqu’au 9 juillet 2021.

Journaliste culturel, membre de la rédaction Bénin de AWALE AFRIKI

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