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Rien n’est venu de nulle part, tout est lié à une histoire. « Kam’Art » en est un parfait exemple. Ce mot marie personnage, pays, art et culture.

Il reflète tout d’abord l’esprit d’un défunt poète originaire de Mbeni, au Nord de la Grande-comore. Qui, malgré ses efforts poèto-patriotiques, fut complètement négliger ou pire, oublié par les siens. Aucune action commémorative culturelle, citoyenne ou politique ne lui est dédiée. Alors qu’il s’agit bien sûr d’une légende de la poésie comorienne, aussi l’auteur du premier hymne nationale des Comores.

Kam’Art n’est-il pas une commémoration ?

De la même façon que le Français ne manquerait pas respect à Molière, que l’Allemand ne cracherait pas sur la tombe de Goethe, que l’Anglais n’oserait pas insulter Shakespeare, que le Comorien n’ignore pas qui est pas Trambwe ? C’est une exagération tout à fait mesurée parce que personne tout peuple a ses références.

Mais de lui aucun individu ne parle. Lui, c’est Cheick Kamardine. L’association culturelle « Kam’Art » est, d’une façon digne, allée aux cimetières pour déterrer cette légende en mode rencontres et partages : Slam, poésie, conférence. Une démarche artistique consistant à ressusciter cet esprit mort. A réveiller l’esprit des vivants. Dire qu’il est toujours avec nous même mort, qu’il ne faut pas l’oublier, qu’il mérite commémoration d’une façon ou d’une autre. De ce fait elle a choisi le dérivé de « Kamardine » pour se faire nom,  d’où le mot « Kam ».

 Référence d’un pays pourquoi ?   

Comores, un pays de l’Océan Indien. S’appelant aussi «  Juzr Al-Kamar » en arabe. C’est-à-dire, îles de la lune. Entre le Nord-Ouest de Madagascar et le Sud-Est du continent africain, est située cette nation. Cette fois-ci on remarque que les trois premières lettres du nom de cette association sont une empreinte identitaire d’Al-Kamar. Un nom qui s’incorpore comorien. Se nationalise, se situe d’une façon géographique et digne. Il se laisse visiblement à la portée de tout le monde, enfin, de ceux qui le connaissent et de ceux qui cherchent à le connaître bien sûr.

Phonétiquement parlant « Kamar » et « Kam’Art » ont la même assonance. On appelle cela, rimes approximatives. Le premier est un nom, le deuxième est un pays.

Quels aspects artistique et culture a-t-il ?  

Conjuguer poésie, formation en journalisme culturel, master class, danse traditionnelle etc., c’est exactement faire de l’art et de la culture.

Il est certes comorien, Kam’Art, mais son premier festival a franchi les frontières du Juzr Al-Kamar, le pays de Kamardine, l’art et la culture comorienne. Petit à petit il se fait place à l’international. Réunissant le Benin, la Côte d’ivoire et la France dans un coin du globe tout près de la lune entre le 23 et le 28 mai 2022, pour parler que de l’art et de la culture. Alors on voit que le mot « Kam’Art » est à la fois personnage, pays, culture, une fusion ancrée dans le monde artistique.

Contributeur de magazine et slameur-comédien du collectif Art 2 la plume, Ahmed Abdou Ansoir a pris part au programme de formation des journalistes culturels pendant le Festival International Bangwé de l'Oralité

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