Depuis ce 17 septembre 2020, la discographie du groupe béninois Les Teriba a un nouveau-né. « Ateléni », c’est l’intitulé de ce nouvel album qui s’ajoute aux deux autres sortis en 2006 et 2012. La qualité de l’œuvre justifie le temps mis à sa cuisine.

12 titres qui célèbrent la vie à travers des thématiques sur le bien-être de la femme, de la jeune fille et de l’enfant. Mais au milieu de thématiques engagées, il y a de la place pour l’ambiance. Quelques titres tirés au sort par le public ont été exécutés au cours de la soirée de présentation au « Lieu Unique » à Fidjrossè (Cotonou) ce 17 septembre, par le groupe, avec l’accompagnement de leur guitariste et arrangeur Gabriel Henry (Gaby). Les invités s’en sont délectés à en redemander. La qualité du travail est aussi saluée par d’autres artistes de la musique béninoise présents, comme Athanase Dehoumon de Gangbé Brass Band, Assy Kiwa, Zeynab, Sergent Markus.

A la découverte de « Ateléni »

Le premier morceau donne son titre à l’album. « Ateléni » (titre éponyme) signifie en langue Yoruba : invocation de Dieu et gratitude à son endroit. « Ago hélou », le deuxième titre, est chanté en langue Fon. Avec des paroles comme « notre terre est une femme », une métaphore pour dire combien la femme est au centre de la société. Ce titre est une ode à la femme. Le refrain reprend une chanson de Sagbohan Danialou qui met en garde tout homme qui bat les femmes.

Il s’en suit « Agogo » chanté en Yoruba. Cette chanson exhorte les parents à envoyer les filles à l’école plutôt qu’à les soumettre à l’exploitation. Le quatrième titre « Adjivi » qui signifie « enfant » en langue Goun s’inscrit dans le même registre tout comme « Plus jamais ça », un autre titre de l’album, en dénonçant la maltraitance des enfants, le viol des petites filles, l’infanticide. On y retient que les enfants sont à protéger et non à maltraiter car ils représentent l’avenir d’une nation.

« Djomido » en fongbé « laisse-moi » dénonce les rumeurs. « Omongué », chanté en Yoruba parle de l’irresponsabilité de certains hommes qui délaissent leur femme pour pervertir de jeunes filles au dehors. Une exhortation au sens de responsabilité.

« Idjo ya » est une invitation à la danse, à la joie, dans la même veine que « Olodjobi » qui célèbre la vie, les naissances.

« Hommage » est le neuvième titre de l’album et est un hommage à Serge Ologoudou, regretté Manager du groupe arraché à leur affection ainsi qu’à celle des acteurs du showbiz béninois. Une chanson douce et mélancolique avec de belles paroles.

« Kpèdé kpèdé » qui signifie en langue Fon « petit à petit » est une invite à la patience. Et enfin « Mama », chanté en langue Yoruba, qui est un hommage aux mères en raison de tout ce qu’elles représentent pour l’homme dans son existence, dans sa construction.

La Jacket de l’album, design by L’art’boratoire

On compte trois langues nationales et le Français sur cette œuvre musicale, avec une prédominance du Yoruba.

Flûte, Guitare, calebasse, percussions sont perceptibles en écoutant cet album mais l’instrument de prédilection reste la voix dans diverses variations. Certains morceaux font balader entre recueillement et défoulement, à la faveur de rythmiques tropicales sur fond de recherches. C’est l’exemple de « Agogo » où on retrouve des sonorités musicales du Nord Bénin. Une orientation qui maintient Les Teriba proches de leur ligne directrice, tout en les rendant meilleures chaque fois un peu plus : « révéler les sonorités béninoises au reste du monde en n’oubliant pas de s’ouvrir à l’universel ». L’ouverture à l’universel se confirme sur cet album avec la Word music qui est bien remarquable.

Edité en France par « Salt and ginger » « Ateléni » est une autoproduction de la société Sarl Les Teriba. L’album est disponible en trois formats au choix, à savoir Digipack (jacket en dépliant avec présentation plus disque), Slive (jacket plus disque), et USB non copiable.

Journaliste - Écrivain, communicant culturel. Fondateur du Groupe AWALE AFRIKI

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