Une présence de l’Afrique, de la création artistique, du rythme africain qui vibre à Montpellier dans un univers libre avec toutes les manifestations de notre sensibilité artistique. Dans les horizons d’une Afrique jeune et innovante, une voie vers la solidarité humaine voit un échange artistique et culturel à travers une amitié franco-africaine, source de toute création et de toute lumière. Il s’agit d’un esprit humain, créatif et actif qui exige l’union entre les peuples au-delà des différences. En plein et libre échange, une esthétique du partage s’établit à travers un désir de reliance, de création et de découverte. Une scène africaine des arts éclaire et s’éclaire en France et tout particulièrement à Montpellier dans le cadre d’un « évènement majeur », celui du festival Afrik’Art 2021 organisé par la Fédération Artistique Afrique-France (FAAF). « Notre objectif est de développer les liens culturels entre le continent africain et Montpellier mais également de promouvoir la différence comme une force, dans un esprit de solidarité et d’échange », affirme Valère Hounhanou, le président de la Fédération.

Cette force collective tisse une culture commune et une sociabilité en action, afin de mettre Montpellier aux couleurs de l’Afrique. Ainsi, l’Afrique fleurie et offre une nouvelle vie censée comme une nouvelle page d’histoire mettant en avant le vivre ensemble en paix et en liberté. C’est le président de cette Fédération Valère Hounhanou qui a lancé en équipe cette association Afrik’Art avec le directeur de communication Joël Rejant qui est l’un des cofondateurs de l’agence Obervascope. Une équipe africaine exceptionnelle a créé un pont entre l’Afrique et la métropole de Montpellier, afin de mettre en lumière et en valeur l’art contemporain africain. « Nous avons voulu monter ce projet pour soutenir la création artistique », ajoute Valère Hounhanou.

Un projet spécifique et singulier dans la mesure où il illumine la ville de Montpellier par les expositions d’art africain, les résidences artistiques, les performances live, les défilés de mode, les projections de films et les conférences-débats.

Un tout artistique et visuel issu d’une énergie collective qui marque le départ sans retard à la valorisation de l’art, afin d’inviter le public à découvrir et redécouvrir la création artistique africaine. Un nouvel éclat de l’art contemporain africain et de la culture se révèle à travers ce festival international Afrik’Art 2021 qui se déroule en plusieurs temps où le Sommet Afrique-France prévu du 06 au 11 juillet est reporté du 07 au 09 octobre prochain. Ainsi, le festival démarre officiellement avec un vernissage considéré comme un évènement d’art contemporain organisé à la serre en offrant une certaine identité africaine.

Une exposition dédiée à l’art contemporain africain

Suite à des résidences artistiques effectuées au Réservoir à Sète du 15 juin au 15 juillet 2021, six jeunes artistes talentueux de différents pays du continent africain tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Bénin, le Congo et la Guinée ont réalisé leurs œuvres dans une ambiance de créativité. Rafiy Okefolahan, Yves Gbai Obou, Jean David Nkot, Bellus, Well Rimo et Casimir Bationo ont été accueillis pour lancer cette première exposition riche en différents styles picturaux. Comme chaque pétale d’une fleur qui renferme une histoire, chacun de ces artistes veut s’exprimer et exprimer sa pensée à travers sa propre manière de faire.

Vernissage de l’exposition organisée à la Galerie la Serre, Montpellier avec la présence du Maire de la ville, Festival Afrik’Art 2021

Dans des chemins divers, trois artistes ont rendu libre tout un univers dans la création artistique africaine. Cet univers est créatif qui requiert l’émotion, l’imagination, l’obscur, le silence et l’énigme, afin de vivre une expérience singulière et particulière à la galerie d’Art et Patrimoine la Serre, située au rez-de-chaussée de l’Arbre Blanc. C’est dans le cadre de l’exposition collective organisée dans un espace montpelliérain du 09 au 31 juillet 2021 qu’un nouveau monde artistique prend sens à travers la peinture et la performance. Trois artistes qui ouvrent les champs possibles pour mettre en lumière l’art contemporain africain et créent des nouvelles connexions éthiques qui se nouent entre l’Afrique et la France.

Se pencher sur cette exposition collective dans le cadre du festival Afrik’Art est une invitation à contempler des œuvres qui reflètent l’envie de chaque artiste de donner ce qu’il ressent, ce qui le touche et ce qu’il perçoit de sa réalité, des traditions de son pays et de sa sensibilité. La création artistique africaine fait appel à une démarche particulière de présence au monde, à soi et aux autres. Une relation sensible et authentique s’établit entre soi et la matière, que chaque artiste concrétise dans son œuvre. Ainsi, des portraits, des personnages africains et des abstractions linéaires sont des compositions qui contribuent à faire découvrir l’univers poïétique de chaque artiste et sa conception de l’art africain dit contemporain. Des préférences chromatiques, des structures symboliques, des tensions lyriques s’accumulent sur les surfaces picturales en utilisant des techniques mixtes.

C’est ainsi qu’avec les œuvres de l’artiste plasticien ivoirien Yves Gbai Obou qui s’articulent entre peinture et performance, fixité et mouvement, représentation et présentation, dedans et dehors en attirant l’attention du spectateur sur la présence du corps dans l’espace. Une présence picturale bidimensionnelle remarquable et autre spectaculaire où cet artiste performeur cache son visage pour révéler un autre visage transformé et déformé qui frappe le regard et suscite l’imagination du public. En portant son masque emblématique, ses personnages sont aussi masqués en suivant une démarche artistique, plastique et critique, afin d’ancrer une certaine identité africaine. Après avoir été témoin et victime de nombreux problèmes sociaux, cette démarche traite son vécu traumatique à travers des thématiques sociales telles que la guerre et les violences en se basant sur le médium de la peinture pour raconter une histoire, voire son histoire.

Yves Gbai Obou, Festival Afrik’Art 2021, Galerie la Serre, Arbre Blanc, Montpellier

Il a choisi de déformer les visages de ses personnages, pour marquer le caractère traumatique de la guerre en mettant en avant, au-devant, la femme qui est « (…) un sujet idéal, car c’est elle qui donne vie », explique l’artiste. Entre souffrance et espérance, Yves Gbai Obou déforme les visages et détruit les traits et les proportions à travers un style graphique urbain particulier et des couleurs saturées vibrantes pour interroger et s’interroger sur la question de l’être. Des âmes, des dames flottent sur les surfaces picturales sur un fond architectural remarquable où corps et habitations s’entremêlent et s’entrelacent dans l’espace.

Par le biais de l’abstraction et de la figuration, un langage imaginaire s’élabore à travers les œuvres de l’artiste plasticien béninois Rafiy Okefolahan fondées sur des choix chromatiques et la recherche d’une certaine identité plastique. Entre trace et mémoire, patrimoine et actualité, culture et histoire, Okefolahan trace des ponts entre les cultures africaines et européennes en suivant un rythme pictural spécifique et en gardant l’archive des différents évènements. Il dit « Je suis très influencé par l’actualité et, pour moi, peindre sur la toile est une façon d’archiver ces événements ». Ainsi, c’est dans ces échanges culturels qu’il a pris place dans la scène artistique en France, afin d’inscrire le patrimoine culturel des différents pays d’Afrique dans un esprit contemporain. Comme des ombres mouvantes, il peint des silhouettes et des visages en utilisant les pigments et divers matériaux comme le sable, le marc de café et le charbon. Entre réalité et réel, ordre et désordre, une force créatrice de l’artiste réside dans le bouillonnement culturel de l’Afrique. Il ajoute « Je travaille dans le bruit du monde ». Un bruit qui se traduit comme une sorte de chaos dans l’espace pictural où l’artiste essaye de mettre de l’ordre à travers le mélange des formes et des couleurs. Des symboles, des lignes, des signes, des chiffres, des codes, qui sont visibles et lisibles comme la marque de vie et d’identité de chaque population africaine. Cet artiste peint, écrit et réécrit certaines histoires sociales et actuelles, afin d’éveiller et réveiller les pensées des gens à travers un voyage dans les plages des couleurs utilisées.

Rafiy Okefolahan, Festival Afrik’Art 2021, Galerie la Serre, Arbre Blanc, Montpellier

Que cette question de ce voyage dans la couleur et la matière qui s’élance dans l’œuvre de l’artiste d’origine guinéenne Bellus qui évoque le rapport entre les portraits des femmes et la diversité des cultures africaines. Cet artiste compose, décompose et recompose son univers pictural par la couleur qui fait forme, zone claire et partie sombre mettant en exergue non seulement les portraits, mais aussi les traditions et les souvenirs de son enfance. Cet univers ouvre et s’ouvre sur des images des portraits fragmentés et africanisés en créant un certain équilibre visuel et chromatique. « Les couleurs traduisent mes émotions, mon histoire et mes expériences », dit l’artiste. Entre la joie et la tristesse, cette histoire s’éclate en matière et en couleur pour inviter le spectateur à vivre l’instant présent, interroger et s’interroger sur la question de la beauté. Ainsi, dans quelle mesure cette quête de la beauté participe à faire inscrire ces œuvres exposées dans un esprit dit contemporain ? Comment le métissage entre le chromatique et le graphique offre un nouveau portrait qui s’articule entre la réalité et l’imaginaire ? C’est le style exotique de l’artiste et son énergie créatrice qui permettent de voyager dans un univers coloré et tissé par et dans la couleur.

Bellus, Festival Afrik’Art 2021, Galerie la Serre, Arbre Blanc, Montpellier

Dans le cadre de cette exposition collective, l’ensemble de toutes ces œuvres font dialoguer les traditions africaines et la création contemporaine en se basant sur la maîtrise d’un savoir-faire et une manière singulière de voir et de percevoir la réalité. À travers le festival Afrik’Art 2021, s’opère une mise en relation des arts visuels, de la musique, de la danse et du cinéma, propice à des projets interdisciplinaires qui contribuent à l’évolution de l’art contemporain africain. Ainsi, ce festival international est une rencontre fondamentale et fondatrice d’une amitié franco-africaine qui s’ouvre sur un horizon de partage, d’échange et de voyage au-delà des frontières.

Montpellier vibre au rythme de l’Afrique, L’Afrique brille en lumière à Montpellier

De cette Afrique créative, innovante et pure, émerge la création artistique à Montpellier sous toutes ses disciplines dont le festival Afrik’Art prend forme en ville. Des spectacles de danse et une fresque murale font rayonner la ville en milles éclairs et histoires. C’est la fresque réalisée au Tropisme le 03 juillet 2021 par le jeune artiste Yves Gbai Obou en offrant à travers ses personnages cette sorte d’africanité et en créant une certaine interaction avec le public à Montpellier. De plus, un chaleureux accueil à l’hôtel Martinez de Cannes entre Spike Lee président du jury du 74ème Festival international du film et les co-fondateurs de la Fédération Artistique Afrique-France Valère Hounhanou et Joël Rejant, lors de la remise d’une œuvre magistrale de l’artiste peintre Ivoirien Well Rimo.

La ville vibre au rythme de cette manifestation africaine qui s’affiche comme un moment unique et exceptionnel pour l’accès à l’art et à la culture africaine. En plein air, l’Afrique brille en lumière, afin d’offrir aux habitants de Montpellier un air fou des couleurs du temps et de printemps. Cette lumière éclatante est apparue à travers l’imagination créatrice des jeunes artistes qui se mobilisent pour le simple amour de faire vibrer et illuminer la ville de Montpellier.

Yves Gbai Obou, Fresque Spectacle, Afrik’Art 2021, Montpellier @Jean José Caddy, 12/07.2021
murale, Festival Afrik’Art 2021,
Tropisme
Spectacle, Afrik’Art 2021, Montpellier

Comme la poésie qui doit prendre voix, le festival Afrik’Art trouve la voie dans la solidarité et l’énergie collective menant vers la recherche de la libre expression. C’est cet évènement artistique qui se réclame dans la relation entre les artistes africains et le public de la ville de Montpellier. Il est fondé sur les expériences artistiques et la joie de vivre où chaque créateur peut exprimer ses idées avec l’autre et s’exprimer librement. Cette interaction avec les habitants de Montpellier contribue à l’évolution de la création contemporaine africaine où la Fédération Artistique Afrique-France (FAAF) s’engage à nous relier par l’action et la création.

C’est ainsi le désir de se « re-lier » à Montpellier, afin de « re-créer » une Afrique créative pour et dans la collectivité. Cette Fédération réside dans une éthique de la responsabilité vis-à-vis à la jeune génération de plasticiens africains dans leurs diversités sociales et culturelles. Elle constitue un dynamisme culturel, artistique et social.

Artiste plasticienne et visuelle, Spécialiste en théorie de l’art (Critique d’art), Maître-Assistante à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse, Tunisie et fondatrice du collectif d’Arts Visuels « Plein’Art ». Ikram Ben Brahim est contributrice pour Awalé Afriki.

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