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La compagnie Miangaly Théâtre venue de Madagascar a présenté le dimanche 18 novembre 2018, à l’espace Mayton dans la commune d’Abomey-Calvi, un spectacle de théâtre qui est revenu sur les dérives et les tares constatées sous les cieux.

Humour et dénonciation des vécus quotidiens. Le spectacle présenté tient en haleine le public et passe au miroir les revers d’une société en déliquescence où les imperfections deviennent la norme.

De la dénonciation des mauvaises habitudes des citoyens aux illusions semées par les dirigeants, les hommes politiques et autres, les trois  comédiens sur scène ont su communiquer aux spectateurs des conseils d’éthique et de civisme.

De la satire au reflet de la société

Mise en scène par Christiane Ramanantsoa, la création du spectacle est un ensemble de textes, une fusion de plusieurs inspirations. Elle est née d’une envie de vouloir partager la parole à travers des voix. A en croire, Christiane Ramanantsoa, ce sont des paroles vraies qui sont entendues. Les comédiens, a-t-elle ajouté, portent au-devant de la scène face à un public des dires, des intentions, des témoignages etc. Que portent les voix des comédiens ?

Les acteurs dénoncent, entre autres revers, le poids du pouvoir sur le peuple. Ils exposent comment le passage d’un Président de la République, par exemple, bloque la circulation et met en difficulté tous les usagers de la route. Le peuple est dans la misère, sans eau et électricité et le délestage s’érige en maître. Après une pluie, les ruelles se transforment en piscine.

Au cours des campagnes électorales, les paroles mielleuses et illusionnistes sortent de la bouche des politiques et courent toutes les rues. Ce n’est que des promesses électorales voire mensongères, font entendre les voix des comédiens. C’est pourquoi, disent-ils, à titre de mise en garde : « ceux qui nous promettent un avenir n’ont rien à nous offrir au présent ».

Dans le rang des citoyens, nombreux sont ceux qui prennent les vices comme la norme. L’on est si habitué à la déviance qu’elle s’érige en norme, fait remarquer Fela Razafiarison, l’un des comédiens. Des chauffeurs par exemple achètent leur permis de conduire ou au pire des cas n’ont pas le permis de conduire ; ils bafouent les droits des voyageurs. Certains citoyens préfèrent la mendicité comme le travail de tous les jours.

Dans une parfaite symbiose avec le public, les acteurs invitent les citoyens  à renoncer aux mauvaises habitudes. Pour Eric Hector Hounkpè, le directeur du Fitheb, « l’originalité de ce spectacle se lit à travers les diverses thématiques abordées, traitées et exposées avec soin ».

Il faut rappeler que bien qu’étant un spectacle d’inspiration des faits quotidiens de la société malgache, ce spectacle de théâtre peut aussi refléter des faits la société béninoise en particulier, et de l’Afrique en général.

Par Hervé FADONOUGBO

Journaliste spécialiste d'arts, Communicant et Ecrivain. Manager Général du Groupe AWALE AFRIKI.

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