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C’est par le succès d’un titre à résonnance chauviniste qu’elle s’est révélée au grand public. «To Tché », Mon pays, en langue fon, a le mérite de vendre la destination Bénin, à travers ses paroles. Entre temps, Faty a fait d’autres sorties et des concerts mais le single « My Happiness », lancé le 26 juin 2018 a tous les traits d’un tube. On n’en était à se délecter du son quand le 11 septembre le clip vidéo est venu décupler le plaisir.

« T’es ma plus belle erreur ». Le beau contraste auquel renvoie l’oxymore dès cette première phrase de la chanson prévient le mélomane qu’il a affaire à une lyriciste qui puise dans le classique. Et la suite précise ce constat avec l’équilibre au niveau des pieds ou syllabes des phrases. « T’es [mon/ plus/bel ha/bit], [Mon/ meil/leur a/mi] ». Un aspect renforcé par les rimes qui parcourent les paroles.  Ce qui donne non seulement un bonheur à l’écoute mais aussi facilite l’assimilation comme la mémorisation de la chanson. En 3 minutes 37, la voix veloutée de Faty entraîne sur un air d’Afro pop avec déclinaison sur de la Rumba. Paroles, mélodie, accompagnements et rythmique s’accordent, offrant une cohérence qui fait honneur à l’art de Mozart.

Du Fongbé (langue nationale du Bénin) au français, passant par l’anglais et le Wolof, la beauté des paroles à la traduction qui est une évidence élargit l’horizon de réception du morceau et renseigne sur la qualité polyglotte de l’artiste. La thématique de l’amour, on le sait, est très usitée mais ne lasse pas pour autant surtout quand c’est traité avec autant de doigté esthétique qu’avec « My Happiness ». My Happiness signifie en français « Mon bonheur » ou encore ma joie de vivre. S’agit-il de situation réelle ? Faty ferait-elle une dédicace vraie à son bien-aimé ? En attendant qu’elle le confirme, on peut savourer le clip vidéo de cette ode à l’amour qui ne trahit d’ailleurs pas la splendeur du son. Une belle vidéo et surtout une appréciable réalisation de Djèlili Film avec un bon jeu d’acteurs. On peut saluer la couleur locale que suggère la présence de Bénin Taxi (une innovation dans le secteur du transport au Bénin). Et on se rappelle le caractère chauviniste de Faty prompte à valoriser les spécificités de chez elle.

A l’Etat civil Fatima Kouchekeho et originaire d’Avrankou, une commune non loin de Porto-Novo la capitale administrative du Bénin, Faty est née à San Pedro en Côte d’ivoire où elle a passé toute son enfance. Titulaire d’une maîtrise en Didactique des langues obtenue à la Faculté des lettres arts et sciences humaines (Flash) à l’Université d’Abomey-calavi (Uac), elle a fait le chœur sur plusieurs albums et concerts de grands noms de la musique béninoise. L’un des creusets à travers lesquels Faty a davantage affûté ses armes, c’est le très réputé orchestre de la Société béninoise de brasserie (Sobebra) où elle a été commise lead-vocal. En 2014, celle qu’on peut appeler rossignol a lancé sa carrière solo avec le single « To tché » qui s’est révélé un véritable succès avec beaucoup de distinctions à son actif. Le public béninois découvrira ensuite, « Nyona tché », « Làlà » et maintenant « My happiness » que l’artiste choisit de livrer un à un alors qu’elle a bien des inédits dans son répertoire dont elle comble lors de ses concerts. En attendant de connaître son album (si elle fait l’option d’en sortir), on peut prétendre être sûr que Faty a une belle carrière artistique à vivre. (Voir la vidéo ici https://www.youtube.com/watch?v=1-MKO6jtCgo&feature=youtu.be )

Par Eric AZANNEY

Journaliste spécialiste d'arts, Communicant et Ecrivain. Manager Général du Groupe AWALE AFRIKI.

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