La diffusion de films africains et panafricanistes est désormais une réalité au Centre à Lobozounkpa au Bénin. Le projet vise à faire connaitre aux cinéphiles de meilleurs films africains qui défendent les idéologies panafricanistes. Dans le cadre dudit projet, pour la première rencontre qui a eu lieu le soir du vendredi 07 mai 2021, c’est autour de « L’œil du cyclone » du Burkinabé Sékou Traoré que le public s’est rassemblé.  

Les projections cinématographiques au Centre priorisent les films africains et panafricanistes. C’est le nouveau projet en cours dans cet espace culturel pour donner un rendez-vous cinéma au public et surtout autour d’une idéologie : montrer une autre image au cinéma, faire vivre l’Afrique.

Pour Salinas Hinkati, coordonnateur du projet WA Cinéma, « il n’existe pratiquement plus de lieux où se font les projections cinématographiques au Bénin ». Du moins, les quelques lieux qui existent « ne font que projeter les films européens, asiatiques etc. », a-t-il nuancé. Mais en partenariat avec l’Institut français de Cotonou, Le Centre met à la disposition du public des films choisis dans les différents catalogues parcourus. A en croire Salinas Hinkati, « plusieurs films ont été proposés par l’Institut français mais certains films ont été sélectionnés ».

Parlant des critères de sélection, Salinas Hinkati précise qu’il s’agit essentiellement de la qualité, du fond, du message ou de la revendication panafricaniste du film. Car, a-t-il poursuivi, quand on vient au cinéma, il faut forcément gagner un plus.

« L’œil du cyclone », le film qui lance le projet

Il n’est pas projeté par hasard au lancement du projet de WA Cinéma. C’est du moins ce que laisse comprendre le coordonnateur. « Nous avons positionné ce film pour accrocher le public afin de faire venir d’autres cinéphiles et partenaires. Car, l’histoire de ce film laisse des interrogations et questionnements dans l’esprit des cinéphiles », a-t-il confié.

« L’œil du cyclone » de Sékou Traoré, c’est le film qui a tenu en haleine pendant 1heure 30 minutes les cinéphiles ayant fait le déplacement du Centre le vendredi 07 mai 2021. Ce long métrage relate l’histoire de Emma, jeune dame avocate décidée à défendre Blackschouam un rebelle de guerre capturé par l’armée. Présenté comme une bête féroce dans sa cellule, Blackschouam finit par se confier à la jeune dame avocate, l’incarnation de la justice exemplaire. Avec une conscience professionnelle, cette dernière établit d’abord un lien de confiance avec le prévenu.

©DR

Elle use ensuite de tous les moyens professionnels et réussit à faire parler le rebelle qui était enfoncé dans un mutisme éloquent. De conversations en conversations et suite aux enquêtes, Emma réussit à faire comprendre qui Blackschouam était et pourquoi est-il devenu un rebelle.

Blackshouam a été en réalité enrôlé dans son enfance par un mouvement rebelle de guerre, de pillage et d’extraction de diamants. Le mouvement est financé et soutenu par les forces extérieures et certaines personnalités politiques du pays. Mais vingt ans plus tard, le mouvement continue de résister aux forces gouvernementales.

Ayant toutes ses informations, Emma défend l’innocence de Blackshouam et plaide pour la réduction de la peine encourue par le prévenu. Après comparution, Blackshouam retourne en cellule et quelques jours après l’avocate vient lui faire le point du verdict. Mais chose curieuse, Blackshouam tue l’avocate dans la cellule.

Cette fin brusque du film laisse beaucoup d’interrogations dans l’esprit du public qui se demande pourquoi malgré le service rendu par l’avocate, elle a été tuée. On peut réaliser aussi les séquelles du phénomène des enfants soldats, surtout sur la personnalité psychologique des victimes.

Il faut notifier que pour les prochaines projections, des cinéastes béninois sont attendus dont Sylvestre Amoussou. Le projet WA Cinéma reste ouvert à d’éventuelle négociations de partenariat.

Journaliste culturel, membre de la rédaction Bénin de AWALE AFRIKI

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